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Bivouaquer avec un bébé de 6 mois

Marie vit près des Vosges et adorent partir barouder en famille. Tente, van, refuge… elle aime varier les lieux pour dormir. Il y a quelques mois, elle est devenue une nouvelle fois maman d’un petit Lubin, mais cela ne l’a pas empêcher de continuer ses micro-aventures. Ici, elle nous raconte comment elle est partie bivouaquer avec un bébé de 6 mois.

Bivouaquer avec un bébé de 6 mois, c’est quelque chose quand on baroude ! Je l’attendais avec impatience, à la « Pincez-moi, je rêve » et je savais qu’il aurait une saveur toute particulière. Parce que si aujourd’hui, j’ai l’habitude de dormir dehors avec ma famille je n’ai, pour autant, jamais dormi dehors avec un enfant si petit.

Pour remettre un peu de contexte: J’ai commencé la randonnée après la naissance de ma fille, il y a 10 ans, et les bivouacs (en tente et en chalet non gardé) quand elle avait 2 ans ! Avant son arrivée, je n’avais jamais planté une tente de ma vie et les marches en nature se faisaient très rares! J’ai tout appris avec elle. Alors dormir dehors, en solo, avec mon bébé de 6 mois, c’était à la fois un vrai challenge et la confirmation d’un mode de vie pleinement affirmé et revendiqué !

Mes réflexion sur le fait de bivouaquer avec un bébé de 6 mois

Mais revenons à nos moutons…

Le projet de départ n’était pas vraiment d’y aller solo. D’ailleurs, y avait-il un vrai projet dès le départ ? Non ! Si partir en solo avec ma grande était monnaie courante avant ma grossesse, je n’arrivais pas à me projeter concrètement sur un bivouac en solo avec bébé. Marcher avec les équipements d’un bébé + un bébé relevait un peu de l’exploit et arriverais-je à le faire, physiquement parlant ? J’émets de gros doutes…. Alors j’y pensais sans y penser.

Le printemps se faisait attendre dans Les Vosges mais mon besoin de bivouac, lui, trépignait d’impatience! Si le soleil pointait régulièrement le bout de son nez en journée, les nuits, elles, restaient bien trop fraîches pour une première sortie avec bébé. Et pour sûr, cela faisait plusieurs semaines que je regardais attentivement les températures…

Et puis le grand jour arriva ! C’était un samedi, la météo annonçait 5 degrés la nuit et grand soleil en journée. Lionel travaillait et ne pouvait m’accompagner. Partir à l’aventure en solo avec mes enfants, c’est un peu mon carburant. J’en ai besoin autant qu’un road-trip tous ensemble et il le sait. Alors je lui ai annoncé le matin même que je tenterais bien une nuit en bivouac avec Lubin, à côté de la maison, « 5 km tout au plus », « mon sac allait être lourd, je le savais et la nuit compliquée » alors j’avais besoin de cette sécurité géographique.

Ma préparation pour bivouaquer avec un bébé de 6 mois

8H30, je commence par sortir toutes les affaires de bivouac et les étaler au salon. Le maître mot: CONFORT ! Je rappelle que je suis toujours en post-partum hein ! Si les automatismes reviennent très vite, je bloque davantage sur les affaires à prendre pour Lubin. Hors de question qu’il ait froid ! Et il lui faut des affaires de rechange ! Et est-ce que je prévois un repas pour lui ? La purée ça pèse lourd et il mange si peu… Et moi d’ailleurs, qu’est-ce que je vais manger ? Hors de question de faire l’impasse sur l’apéro (Spoiler: j’oublierai le saucisson). 4 heures plus tard, mon sac est prêt. Oui, tout prend plus de temps avec un bébé…

Je le mets sur les épaules : « Oh, ça va, c’est moins lourd que ce que je pensais ! » Je fais un essai avec Lubin en portage « Mais dans quoi je m’embarque là ?! » J’ajoute l’eau et le frais « OK, je vais mourir ! »

Lionel (mon amoureux) me regarde à moitié apeuré, à moitié admiratif et me dit qu’il vaudrait peut être mieux que je prenne le vélo et le chariot… Mais c’est trop tard, dans ma tête, ce sera rando bivouac et j’ai hâte ! Évidemment, j’embarque mon chien avec moi: ça lui fera du bien malgré son grand âge et c’est un très bon chien de garde!

Mon programme pour bivouaquer avec un bébé de 6 mois

Le premier jour

Direction le spot de bivouac

14h, c’est le bon moment pour décoller :j’ai bien mangé, Lubin ne va pas tarder à faire une dernière sieste, je dois partir avant ! Je vérifie une dernière fois mon sac, mets Lubin dans le porte bébé et je pars ! Le soleil avance avec moi, à mesure que je vois la maison s’éloigner de plus en plus derrière moi.

Je n’ai pas étudié la carte, je me suis fixée le village voisin comme destination et je connais le chemin par cœur. Je ne sais pas trop où je pourrais poser ma tente mais ça ne m’inquiète pas. En effet, je suis en plaine, sans règle de bivouac particulière et ça grouille d’agriculteurs à qui je pourrais facilement demander à élire domicile dans un de leurs champs si besoin. Première montée: facile ! Je croise un groupe de cyclistes et deux marcheuses qui me regardent avec le sourire. 1,5Km après mon départ: j’ai besoin d’une pause. Lubin a faim, c’est signe qu’il va bientôt s’endormir. Je m’étale de tout mon long, m’étire un maximum et nourri bébé.

Je reprends la route, Lubin s’est endormi et je profite d’un énorme tronc d’arbre tombé en plein milieu du chemin pour m’adosser contre et soulager mon dos. C’est dur ! Ha oui, je vous ai pas dit, mon paquetage tout compris pèse 27 kg ! C’est dur donc mais je suis en plein kiffe !

Je continue de marcher jusqu’au village destination ! J’y suis arrivée ! Je ne reviens pas ! J’ai marché 4,5 km ! Ça mérite bien une petite compote et c’est parfait parce que c’est l’heure du goûter. Lubin s’est réveillé et on fait une grosse pause.

On s’installe pour la nuit

16H30, c’est le moment de repartir et de trouver un endroit où dormir. Quand je dors dehors seule avec mes enfants, j’ai une exigence: avoir trouvé mon spot de dodo pour 17H30 grand maximum et du réseau. Je traverse le village et me retrouve face à une petite colline pleine de bosquets. Je rentre dans un pré (non travaillé) et trouve un endroit parfait où poser ma tente: caché du vent et des possibles visiteurs. J’inspecte les lieux, j’écoute mon ressenti et tout est OK. Je commence à tout installer, Lubin joue dans l’herbe, quand j’entends le bruit d’un tracteur. J’embarque Lubin et m’en approche pour me présenter. Manque de chance, je le loupe de peu. Je réitère une seconde et dernière fois, sans succès. Je termine mon installation.

18h : Je m’habille pour la nuit, m’occupe de mon chien et mange. Je sais que la nuit va être compliquée (elle l’est depuis plusieurs jours) alors je veux que tout soit prêt pour qu’une fois Lubin couché, je n’ai plus à faire trop de bruit et soit 100% dispo pour lui.

19h: il est temps de coucher Lubin. Même rituel qu’à la maison et il s’endort de fatigue au sein. Je le couche dans sa chancelière grand froid. C’est un peu trop facile tout ça… Je papote avec Lionel sur mon portable et me rends vite compte que chaque mouvement fait grincer mon matelas et éveille un peu plus bébé. Je n’irai donc pas me brosser les dents ni faire de bisous à mon chien qui dort dehors.

C’est parti pour la nuit !

21h: Début de la non nuit. Lubin ne fera que de se réveiller, demander le sein, les bras. Est-ce qu’il a froid ? Je ne sais pas, je ne pense pas. Je le blottis contre moi mais il refuse d’avoir les bras « bloqués » dans sa combinaison en laine et sa chancelière… Lionel qui était parti voir des amis m’écrit à 1h du matin pour me demander s’il faut qu’il vienne nous chercher. J’hésite énormément à lui répondre un grand OUI. J’ai froid et je suis exténuée mais non! J’ai très envie d’aller jusqu’au bout de cette aventure.

Lubin dormira plus de la moitié de la nuit sur moi; quant à moi… j’ai dû dormir 4h tout au plus !

Le 2ème jour

Réveil sous la tente

5H45: Lubin se réveille en pleurant, ce qui est assez rare. Je le « force » à ouvrir ses yeux et il se calme instantanément quand il me voit ! On se fait des câlins, on joue et je prends mon petit déjeuner. Pomme, noix, flocons d’avoine et beurre de cacahouète sur fajitas: je suis refaite !

6h30: Il fatigue et je tente de le recoucher sans succès. C’est le top départ pour ranger les affaires. Je l’habille chaudement et je m’affaire persuadée que ça prendra un peu de temps. Je termine sur les coups de 8h… Lubin joue dehors, entre deux léchouilles de mon chien.

C’est le moment de repartir

8h15: On décolle. Mon sac est encore plus lourd avec le poids des couches et des déchets. Mais je suis toujours sur mon petit nuage. Le soleil est au rendez-vous. Lionel m’a donné quelques instructions pour rentrer à la maison sans avoir à passer mon temps les yeux rivés sur la carte. Cette partie-là de la rando, je ne la connais pas.

8h30: Lubin a faim, je trouve un endroit où poser mon sac et faire une pause. Ça monte et c’est dur ! Je reprends la route avec un bébé repu et qui s’endort très vite.

9h30: Lubin fait toujours dodo et je trouve une table sur laquelle adosser mon sac et me reposer les épaules sans avoir à tout enlever. Ça fait du bien !

10h: J’ai faim et Lubin a besoin de bouger. On se pose à la sortie d’un village, dans l’herbe et en plein vent. 30 mètres plus loin, on aurait eu le droit à un abri et une vraie table de pique nique. Mais ça, je ne le saurais qu’en repartant ^^

On termine en longeant une départementale, ce n’est pas la partie la plus belle de cette micro-aventure mais la monotonie de la route rendort Lubin.

11h10: Je vois la maison ! Je suis déjà nostalgique et je réfléchis à la prochaine aventure que je pourrais vivre seule avec bébé… mais quand les nuits seront plus chaudes!

11h35: Je pose mes fesses sur le canapé, heureuse et fière de cette première nuit en tente avec bébé !

Et pour ceux qui aiment les chiffres: j’ai marché sur ces deux jours 14,7 km !

Notre équipement pour bivouaquer avec un bébé de 6 mois

Porte-bébé physiologique Aerloom

Porte-bébé physiologique
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Tente de bivouac
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Gigoteuse nomade
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Sous-vêtements mérinos
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Lampe frontale
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Réchaud
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Manon Lagnado

Manon Lagnado

Baroudeuse depuis toujours (ou presque), Manon adore passer ses week-ends à crapahuter dans la montagne. Et ce n’est pas la naissance de son fils en 2023 qui l’a arrêtée. Week-end en van, itinérances à vélo et dodo sous tente, trails dans la forêt, randonnées en portage,… à seulement quelques mois, le petit Eliott a déjà plusieurs aventures à son actif.

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