Marion Poitevin - Interview - Les Petits Baroudeurs
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Interview d'une maman secouriste en haute-montagne

On vous présente Marion Poitevin, l’une de nos Ambassadrice, qui est aussi la première femme secouriste de haute montagne ! Egalement guide de haute montagne, monitrice de ski alpin et d’escalade et… Maman. (rien que ça !)

Grande passionnée, toujours à la recherche de nouvelles aventures et de nouveaux horizons, Marion est partie plus d’une fois en expédition.

Dans cette interview à coeur ouvert, elle nous livre les dessous de sa vie d’athlète dans le domaine de l’outdoor, où nous semble-t-il, le chemin est encore long sur la voie de la parité homme-femme.

Marion Poitevin – Interview Par Les Petits Baroudeurs

Bonjour Marion, peux-tu te présenter ainsi que ta petite famille de baroudeurs ?

Je m’appelle Marion Poitevin, je suis secouriste CRS Montagne et également Guide de Haute Montagne. Je suis une pratiquante d’escalade, d’alpinisme et de ski alpin de manière plus générale. Depuis quelques années, je suis également présidente d’un club CAF qui s’appelle Lead The Climb ➳Je découvre. Et dans la famille, nous sommes trois : mon conjoint, ma fille née en juin 2019 et moi !

Comment gères-tu ta vie de famille et de sportive de haut niveau ? 

En tant que secouriste CRS montagne et guide de haute montagne, je peux pratiquer mes sports sur mon temps de travail. Alors les week-ends, je garde bébé et le papa peut aller faire du sport à son tour. Il m’arrive de travailler les week-ends et les soirs donc dans ces cas là, c’est le papa qui gère notre fille, car lui a des horaires fixes en semaine. Bref, on arrive à trouver notre équilibre de cette façon.

Qu’est-ce qui a changé dans ton quotidien de secouriste de haute montagne depuis que tu es devenue maman ? 

Finalement, pas grand chose ! Je suis arrivée dans mon nouveau service à Albertville avec en étant déjà mère. Donc il n’y a pas vraiment eu de « avant-après ». La plupart des autres secouristes sont aussi papas et ils comprennent très bien les contraintes de parents.

En revanche, il y a eu d’immenses changements dans ma vie d’athlète sponsorisée. J’avais deux sponsors “matériel” qui me suivaient sur des dotations matériel depuis 6 ans.

L’un d’eux m’a envoyé un mail à l’annonce de ma grossesse disant qu’il diminuait de plus de moitié mon contrat puisque je n’allais « rien faire » en montagne… J’ai fait appel à l’association « Éthique et Sport » et leur avocat m’a conseillé. C’est un cas de discrimination avéré, et j’ai reçu le contrat prévu initialement la semaine suivante. Mais en fin d’année le team manager a estimé que je n’avais plus rien à faire chez eux sans évoquer la raison de la grossesse. Je n’ai aucun recours possible et je perds mon sponsor, nous sommes en 2019.

L’autre sponsor a sorti un clip promotionnel l’année suivant la grossesse. Aucune femme ne pratique de sport de montagne dans ce clip ! Sur les 10 athlètes, on aperçoit une skieuse (images flash de moins d’une seconde) et une grimpeuse dans un gymnase. Etonnée, je leur demande pourquoi sachant que j’étais là et disponible bien qu’enceinte pour des images d’alpinisme. Peut-être un problème au montage ? Peut-être que la météo n’a pas permis de faire d’images intéressantes ? Sans un coup de fil le team manager m’apprend par mail que je suis virée, car j’ai « critiqué » le clip ! Là encore, je fais appel à l’avocat, car j’avais déjà reçu une proposition de contrat par mail, ce qui vaut contrat. Finalement, je signe le contrat complet avec la condition d’être virée l’année suivante. Un assistant m’avoue par téléphone qu’ils ne voulaient pas de femme enceinte dans le clip pour ne pas être accusé de « faire travailler les femmes enceintes ». Que répondre à autant d’incompréhension ? Nous sommes en 2020.

Il va s’en dire que les athlètes hommes qui ont eu un bébé la même année que moi n’ont pas eu à faire face à ces problématiques et sont toujours sponsorisés. Nous sommes environ 20% de femmes sponsorisées en alpinisme alors que les fédérations de montagne comptent 40% de pratiquantes.

Est-ce qu’exercer tes métiers de secouriste et de guide est devenu plus dur depuis la naissance de ta fille ? 

Non. J’ai eu beaucoup de temps pour me reposer pendant et après la grossesse, j’ai pu revenir en forme rapidement. Mes supérieurs ne m’ont plus confié de mission à partir du 4ème mois de grossesse. Le statut de CRS montagne m’a permis de cumuler des heures sur un « compte épargne temps » que j’ai pu utiliser à fond et reprendre le travail à 5 mois post partum. J’aurais pu reprendre à 6 mois, mais j’avais envie de retourner travailler, les journées toute seule avec ma fille étaient trop longues à mon goût. J’ai l’impression également qu’elle s’ennuyait et elle était finalement ravie de voir d’autres enfants chez la nounou

Au final, j’ai arrêté le terrain pendant 10 mois et le sport totalement pendant 2 mois. Sur une carrière de secouriste CRS montagne ce n’est vraiment pas grand chose. Il est fréquent que les agents se blessent et s’arrêtent pendant de longs mois pour se réparer.

Au début, deux collègues m’ont demandé comment j’allais faire pour faire garder mon enfant quand je serai en déplacement. Mais le papa s’en occupe très bien et nous pensons que c’est même une chance pour lui d’avoir des moments en tête à tête avec bébé. Les papas s’investissent de plus en plus et tout le monde y gagne.

Par contre j’ai perdu l’envie de m’entraîner en alpinisme à cause de mes sponsors. J’ai eu l’impression d’avoir été poussée vers la porte de sortie comme une malpropre alors que je suis encore jeune pour une alpiniste. De plus, il me semblait que promouvoir une femme alpiniste enceinte était un plus. Une année après la naissance de ma fille, je grimpe une voie d’escalade de cotation 8a, tous les alpinistes sponsorisés ne peuvent pas en dire autant ! L’envie revient petit à petit, mais ces expériences m’ont quelque peu dégoûtées du haut niveau en alpinisme.

Vous êtes la première femme secouriste de haute-montagne, quels conseils pouvez-vous donner aux femmes qui veulent se lancer dans cette belle aventure ? 

À fond ! C’est un métier totalement adapté à une vie de parent sportif. Pouvoir faire son sport sur son temps de travail est un vrai luxe. Il y a des week-ends et des déplacements à prévoir mais avec une bonne organisation, tout se fait !

Un petit mot pour les mamans qui ont peur de franchir le pas ? 

C’est un métier qu’il faut envisager avant 30 ans. Les stages sont physiques, la préparation est longue. L’âge limite pour devenir gardien de la paix est de 35 ans dans tous les cas.

Pouvez-vous nous parler de votre groupe d’alpinisme féminin, Lead the Climb ? 

Je préside un club CAF (Club Alpin Français) fondé en 2017. Nous proposons des stages de formation à l’autonomie et au leadership dans les sports de montagne entre femmes. Les femmes représentent 40% des adhérentes, mais seulement 10% des encadrantes de sorties et 2% de professionnelles guide de haute montagne ! Le club a pour but d’encourager les femmes à prendre le lead en organisant des stages non-mixtes, entre femmes, et encadrés par des femmes guides car les modèles ont leur importance.

Quel est votre plus beau souvenir, votre plus belle aventure en famille ? (même si nous savons qu’il y en a des milliers)

Nous sommes partis en Laponie, au nord de la Finlande, en août quand notre fille avait 3 mois. Beaucoup d’appréhensions sur l’avion et le changement d’altitude et aussi bien sûr le froid… Mais finalement nous avons réalisé qu’il est vraiment possible de faire beaucoup de choses avec un bébé. Là-bas, les bébés dorment dehors dans la poussette pendant que les parents vont au restaurant jusqu’à -30 degrés ! Ils sont bien emmaillotés dans des ensembles en laine mérinos. Notre gestion du froid est plus sereine depuis cette expérience. Le froid ça s’apprend.

Avez-vous une anecdote à nous dévoiler sur une aventure en famille ?

Nous sommes montés au refuge du Pavé à 2840 mètres d’altitude dans le massif des Ecrins quand notre bébé avait 9 semaines. J’avais l’impression de partir pour une grande ascension himalayenne ! Elle est la plus jeune visiteuse du refuge à ce jour. Nous avons marché 1100 mètres de dénivelé.

Pour marcher, je la gardais sur moi dans l’écharpe et au sein ou alors elle était dans le porte-bébé Manduca sur son papa. Évidemment, elle a eu envie du sein juste au moment où il y avait un passage sur un câble et que j’avais besoin de mes deux mains pour me tenir. Bien serrée dans l’écharpe avec un sein dans la bouche, elle n’a pas eu le vertige !

Que vous inspirent Les Petits Baroudeurs, qu’est-ce qui vous a plu et pourquoi être devenu Ambassadrice ?

Mes expériences, citées plus haut avec d’autres entreprises, m’ont dégoûté de jouer le jeu des partenaires. 

Mais là, ce n’est pas pareil ! Je suis ravie de travailler aujourd’hui avec une entreprise qui soutient les familles outdoor !

Les enfants passent beaucoup de temps à l’intérieur les premières années, j’ai à cœur de montrer une autre façon de faire qui me correspond mieux. Dès que possible, nous partons faire un tour dehors : qu’elle soit sur son tricycle, sur le porte-bébé du vélo, ou dans le dos (mais elle commence à être lourde). La nuit, la pluie ou la neige ne sont pas des excuses pour sortir, au contraire, elles sont des découvertes !

HEY, SI ON ÉQUIPAIT VOS PETITS BAROUDEURS ?

Chez les Petits Baroudeurs, nous dénichons avec soin et amour les produits utiles à vos aventures en famille. Nous les testons avec nos Oursons, les cousins, les amis de nos loupiots – quand nos enfants sont trop grands pour tester eux même. Et nous ne sélectionnons que les meilleurs produits pour vous les proposer.

Voici donc la sélection de notre boutique pour un profiter pleinement de la montagne en famille :

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Céline Lacombe

Céline Lacombe

Amoureuse des montagnes et des voyages, Céline est heureuse dans sa tribu familiale avec ses mini baroudeur et son homme. La création des Petits Baroudeurs est la suite logique de sa passion pour sa famille et pour l’outdoor.

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